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jacquesmaton

L’errance, mais pas exactement sans but. Pas sur deux pieds solides non plus. Plutôt sur deux yeux avides. Choisir l’errance pour voir, c’est à dire pas seulement pour regarder. « On ne voit rien quand on se contente de regarder ».
Annoncer « Je vois ! », c’est préciser que l’on comprend. Le but de cette errance revient donc à saisir des éléments de compréhension. « Voir » ces apparitions : une ligne d’horizon vierge qui suggère l’infinité des possibles, tout autant que celle barrée par la forêt dense appelle en soi le courage. « Voir » tous les visages du ciel, chaque ride sur le front houleux de la mer, ou encore les courbes sensuelles des villes…
Mais voir, c’est aussi choisir : on ne voit que ce que l’on veut bien voir. Alors les poissons peuvent voler auprès des goélands, et l’ombre devenir source d’illumination. Voilà ce qu’est l’errance : un moment suspendu, un sorte de méditation au milieu du mouvement. Un moment où l’on trouve, où l’on retrouve, ni un soi-même (qui pourrait s’avérer dangereusement décevant), ni un chemin à suivre (que deviendrait le délice du hasard ?), mais peut-être plus simplement la capacité de s’arrêter.
Où l’on veut. Quand on veut.

texte & photo : Sand


PARCOURS / Né en 1960 à Paris, c’est vers 16 ans, avec un appareil photo que mon grand-père a fabriqué, que je découvre la photographie. Je m’installe assez vite un petit labo de fortune dans son atelier et je développe et tire mes premières pellicules noir et blanc. La photographie s’impose à moi comme une évidence quand je vois apparaitre mes premiers clichés.
Quelques années passent, je m’en éloigne pour faire de l’illustration et par la suite exercer la profession de directeur artistique d’un groupe de presse parisien (il faut bien vivre). Je collabore alors régulièrement avec des photographes, je pose des questions, certains travaillent au 24×36, d’autres au moyen format… J’apprend, mais la théorie ne me passionne pas. Je décide alors de constituer ma culture photographique avec Salgado, Depardon, Adelman, Greene, Guerillot… J’aime particulièrement les paysages de Toshiya Murakoshi, il sait composer merveilleusement avec le vide. Je me nourris d’expositions, de livres et de documentaires ou l’on voit de grands photographes travailler. Je suis fasciné par l’approche des reporters de guerre et la photographie sociale. Je constate alors que je ne suis pas à ma place dans le métier que j’exerce et une profonde frustration m’envahit, ces visuels que je crée ne m’intéressent plus.
Je reprends mon appareil photo, quitte Paris pour une île. Une première rencontre avec des Manouches donne lieu à une exposition, puis je pars faire un voyage en Asie. Quelques années d’errances où la photographie m’a offert le plaisir de contempler un paysage, d’admirer le vol des goélands, de m’émerveiller de toutes les nuances que la mer peut offrir. De rester assis des heures à écouter un berger parler de son métier, puis de partir avec lui arpenter la montagne.

EXPOSITIONS / PRIX / RÉSIDENCES
2018 – Vincennes Images Festival, Vincennes
2015 – Blank wall gallery, Athènes
2013 – Espace Diamant, Ajaccio
2012 – Lazaret Ollandini, Ajaccio
2008 – Festival international du film documentaire, Corsica Doc

2017 – Vincennes Images Festival, Vincennes
2012 – Tous les bateaux du monde, Musée national de la marine, Paris
2010 – Troisième Regards photographiques, Avignon

2012 – Lazaret Ollandini, Ajaccio

PUBLICATIONS
2019 – Le monde de la photo – Grand Format (mai)
2017 – Via (summer 2017)
2016 – Yam (novembre/décembre #34)
2015 – International Master Of Photography
2014 – Testi Mori, Photographies d’une société (Ed. A. Piazzola)
2014 – Compétence photo
2010 – Terra Corsa (février 2016)